# Pièrre sèche

Construire un mur en pierre sèche : un savoir faire

Pas de liant, les matériaux utilisés sont bruts ou à peine taillés et ont un côté très naturel.

Assemblage minutieux de pierre de différentes tailles équarries naturellement ou peu rectifiées pour s'adapter les unes aux autres.

Liant ce sont des cailloux servant de cales, tassés de manière à ne plus bouger et à retenir les pierres principales.

Joints réduits le plus possible ; le choix des formes et des dimensions de chacune des pierres est important pour que le « puzzle » qu'elles forment supporte son propre poids.

Une technique qui demande un savoir-faire et une expérience pour obtenir une construction durable et esthétique.

 

Mur en pierre sèche : une mise en œuvre passionnate

Pour la matière première, un mur de pierre sèche ne coûte rien.

Les pierres sont récupérées :

sur le terrain ou aux abords,

ou de la destruction d'anciens murs ou de maisons.

En revanche, il faut du temps et de la patience pour le monter.

 

Règles de l'art

 

On aurait tort de croire qu'un mur en pierres sèches est inférieur de très loin à une quelconque limousinerie. Simplement, sa construction, du fait de l'absence de mortier et, partant, d'adhérence entre les éléments, doit obéir à plusieurs règles dont le respect exige davantage de travail et de soin :

  • l'emploi, comme assise, du socle rocheux lorsqu'il affleure, après l'avoir préalablement dégagé et assaini ;

  • la disposition, lorsque le sol est de terre ou de cailloutis, de fondations de gros blocs ;

  • le ménagement d'un fruit au parement pour contrecarrer les forces de déjètement (dans le cas principalement d'un mur de soutènement, lequel doit résister à une poussée latérale) ;

  • l'édification d'assises horizontales réglées autant que le matériau le permet (puisque la charge transmise, correspondant au poids propre de la maçonnerie, est verticale) ;

  • la pose des pierres litées ou stratifiées dans le sens du lit de carrière ou des joints de stratification et jamais en délit ou en sens contraire, pour éviter qu'elles ne se fissurent sous le poids de la maçonnerie supérieure ;

  • un ajustage serré des pierres de façon à avoir des joints réduits au minimum ;

  • le remplissage des interstices entre les pierres par des éclats de calage de façon que celles-ci ne bougent dans aucune direction (ni verticalement, ni latéralement, ni d'avant en arrière ou d'arrière en avant) ;

  • l'utilisation de la pierraille comme remplissage à l'arrière (lors d'un mur de soutènement) favorisant davantage le passage de l'eau que lorsque l'on remplit de terre. C'est le principe même d'un mur de pierre sèche : il laisse passer l'eau des terres qui sont en amont.

  • l'abstention de tout calage de parement, c'est-à-dire la pose de cales dans les interstices des parements une fois montés, cales qui finiront par se déchausser et s'éjecter ;

  • l'imbrication verticale des pierres de façon à obtenir des joints croisés (ou décalés ou encore découpés) ;

  • la pose des pierres en boutisses, c'est-à-dire avec leur plus petit côté en parement et leur plus grand dans le sens de l'épaisseur ;

  • la pose de boutisses parpaignes (traversant toute l'épaisseur) à intervalles réguliers, pour solidariser les parements opposés ;

  • le pendage intérieur ou extérieur des pierres selon que l'on veuille une meilleure résistance aux poussées latérales (pour les murs de soutènement) ou une meilleure imperméabilité du parement (pour les murs de soutènement également) ;

  • la pose de blocs plus lourds et plus allongés dans les deux dernières assises de façon à renforcer le liaisonnement (ce rôle peut être tenu également par une faîtée de grandes dalles posées à plat ou transversalement sur la tranche).

 

Pierres seches technique
Maçonnerie à sec
Coupe dun mur en pierre sèche

Vladimir explique à ses stagiaires la technique

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